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Selon le dernier recensement de 2001, la grande majorité des Croates, soit 87.8 %, est de religion catholique. Toutefois, la plupart des autres grandes religions monothéistes, comme l’orthodoxie, l’islam ou le judaïsme, se retrouvent également en Croatie, bien qu’en minorités puisque, toujours selon ce même recensement, les 12.2% restants se subdiviseraient de la façon suivante : orthodoxes (4.4 %), musulmans (1.3 %), protestants (0.3 %), non croyants et agnostiques (5.2 %) et divers (1%).
Il faut souligner que le nombre d’orthodoxes a fortement diminué ces dernières années en raison du départ de nombreux réfugiés serbes (majoritairement orthodoxes) de Krajina ou de Slavonie orientale.
Le système communiste avait privé l’Eglise catholique de tous ses biens. En 1966, un accord entre la Yougoslavie et le Vatican lui rend une certaine liberté d’action, mais celle-ci reste encore limitée. Ce n’est que sous le régime Tudjman que le catholicisme devient véritablement un culte privilégié en Croatie, méprisant parfois le droit des autres minorités religieuses. Ainsi, par exemple, l’éducation religieuse est réintroduite dans les écoles.
Cependant, lors de l’arrivée de l’opposition démocratique au pouvoir en 2000, sous la présidence d’Ivica Racan, les relations entre l’Etat et l’Eglise se détériorent : une grande partie du clergé milite en effet pour l’extrême droite. Dans les campagnes, où l’église catholique est très influente, un tel travail de remise en cause du gouvernement Racan est mené au point que l’Union européenne demande au Vatican d’intervenir (novembre 2001). Pourtant, les influences continuent et en novembre 2003, 2 ans plus tard, le parti HDZ, la droite nationaliste, remporte les élections, toujours soutenu par l’Eglise.
Depuis, l’Eglise catholique est en perte d’influence. Plusieurs scandales, relayés par les médias (2007), éclatent : des cas de pédophilie sont révélés au sein de l’Eglise croate, des scandales de corruption apparaissent au grand jour. Le catholicisme est mis à mal.
En 1996, le 19 décembre, la Croatie a signé un accord avec l’Eglise catholique, lui reconnaissant la personnalité juridique. L’accord légalise également la validité civile du mariage catholique, des contrats d’enseignements, ainsi que la rétribution d’aumôniers dans les armées et la police.
En 1998, un concordat, signé entre le Vatican et la Croatie, oblige cette dernière à restituer l’ensemble des biens immobiliers qui avaient été confisqués à l’Eglise à l’époque de l’Ex-Yougoslavie, ou à l’indemniser lorsque les biens ne peuvent être rendus.
En 1999 enfin, un accord est signé entre le gouvernement et la Conférence épiscopale : la Croatie prend en charge les dépenses de fonctionnement du clergé catholique. Toutes ces dispositions commencent aujourd’hui à être remises en cause par le gouvernement en place…
"Il existe 3 ordres catholiques importants en Croatie : les franciscains, les jésuites et les dominicains. Le premier, particulièrement divers et hétérogène, est composé de 4 grandes familles. Son influence parmi les fidèles est plus forte que celle des dirigeants de l’Eglise. (…)
Les dominicains forment un ordre ancien et réputé. C’est un groupe très varié, formé d’intellectuels, mais aussi de moines très politisés. (…)
L’ordre le plus intellectuel est celui des jésuites, auquel on accède en étant à la fois diplômé de la Faculté de théologie et d’une autre Faculté. Les jésuites ont leur propre Faculté, un institut, une riche bibliothèque. Leur formation les rend utiles à la hiérarchie ecclésiastique, mais elle s’en méfie aussi et évite de les nommer aux postes les plus élevés (…)"
(extrait de la revue de presse de l’ambassade de France à Zagreb, mars 2002).
Dans les hôtels, vous ne pourrez pas manquer la présence d’une bible sur la table de nuit. Le catholicisme a une influence majeure sur la vie d’un grand nombre de Croates. Chaque dimanche, les églises affichent complet et, lors des grandes fêtes religieuses, ces mêmes églises manquent de place. En effet, 30 % des Croates déclarent aller à la messe chaque semaine. Et la Croatie ne connaît pas de crise des vocations puisque prêtres et nonnes croates viennent combler les lacunes des pays étrangers.
Jusqu’en 2007, l'Eglise catholique jouissait d'une image de marque exceptionnelle. Elle était présentée comme l'institution qui inspirait la plus grande confiance. Malheureusement, les scandales qui ont éclaté depuis ont un peu terni son image, même s'il en faudra plus que quelques-uns pour remettre en question le catholicisme en Croatie…